Concept original d'Olivier Letellier et Camille Laouénan
Texte Marie-Christine Lê-Huu
Mise en scène Guillaume Fafiotte et Jonathan Salmon
Scénographie textuelle Mélody Champagne & Cerise Guyon
Univers sonore Antoine Prost
Équipe de jeu en alternance Henri Ardisson, Garance Courtial, Clarisse Ensenat, Guillaume Fafiotte, Jonathan Salmon
Dispositif
À travers un dispositif hybride, déambulatoire, théâtral et plastique, nous voulons transmettre le plaisir des mots, le désir de lire, l’audace de dire mais aussi l’importance de s’engager. Car ce récit n’a lieu que si chacun amène sa voix, sa présence, son caractère pour lui donner vie.Le rapport physique au texte est une donnée essentielle de notre recherche artistique. Lorsque nous nous sommes interrogés sur la manière de communiquer au spectateur ce rapport sensoriel à l’écriture, nous avons tout de suite imaginé déplacer la lecture. En faisant de cette occupation trop souvent considérée comme solitaire et silencieuse, une activité collective et ludique, pratiquée de vive voix avec le corps en mouvement. Déplacer la lecture revient aussi à la sortir d’un cadre attendu, prouver son omniprésence afin qu’elle puisse déplacer le lecteur même, en lui faisant redécouvrir des lieux familiers ou méconnus, en bouleversant son rapport au texte.
Dans un lieu – un théâtre, un lieu patrimonial, un établissement scolaire, une entreprise – un comédien devient guide pour un petit nombre de participants. Il devient lecteur d’un texte théâtral exposé sur un parcours scénographié et typographié pour être lu collectivement. Le comédien-guide-lecteur se fait enfin passeur, lorsqu’il invite peu à peu chaque participant à prendre part – seul ou en choeur –, à lire et à endosser un rôle, passant du statut de spectateur à l’état de lecteur, acteur de l’expérience, en immersion dans le texte. Les mots se retrouvent partout, sur les murs, une carte, un t-shirt ou dans le creux de la main dans ce parcours théâtral et visuel.
Oiseau a disparu. Un jour d’hiver, depuis le toit de son école, il s’est envolé.
La police enquête. Les parents le cherchent. Et tous se rendent compte qu’ils ne savent pas, qu’ils ne le connaissent pas.
À l’école, personne ne lui parle. On murmure sur son passage. On le dit bizarre ou pas normal. On dit qu’il parle avec les oiseaux.
À la maison, le père et la mère se disputent. Ils ne le comprennent pas. Leurs paroles s’échappent, bruissent et blessent.
Alors pour le retrouver, il se pourrait que les mots soient la clef et qu’il soit nécessaire d’aller au-delà des différences, pour, enfin, prendre le temps de comprendre.
Avec la pièce KiLLT - OISEAU [GUIDE DE SURVIE], nous voulons expérimenter un dispositif où le groupe de spectateur·ices a la fonction d’un choeur antique et se partage une multitude de personnages.
Oiseau est seul face aux éléments qui l’entourent ; les enfants normaux qui parlent de lui sans qu’il les entende, qui murmure sur son passage ; les adultes qui veulent l’aider mais ne savent pas comment ; les bruits qui prennent toute la place dans sa tête ; les statistiques, qui n’ont de cesse de lui rappeler sa différence.
Comme toujours dans le dispositif KiLLT, nous cherchons, par la mise en lecture collective, à créer un moment de rencontre et de solidarité, de plaisir de lire à voix haute, le corps en mouvement.
En mettant les participant·es dans la position de lecteur·ices de cette histoire, nous espérons aussi leur permettre de se déplacer, de se projeter dans le quotidien d’Oiseau, dans ses réflexions, dans sa façon de voir le monde qui l’entoure, pour, au final, véritablement se mettre à la place.
Le texte de Marie-Christine Lê-Huu nous a ramené à plein d’enfants rencontrés au cours de notre parcours. À des enfants qui se battent pour exister dans un système où leur singularité prend trop de place. Des enfants qui, parce qu’ils n’entrent pas dans les cases imposées, se sentent de trop, encombrants et même parfois inutiles ou incapables. Ce sont pourtant, chacun dans leur individualité, des êtres qui sont intarissables, passionnants et passionnés. Chacun à sa manière peut nous désarmer, nous déplacer et nous faire découvrir le monde autrement. Sans jamais nous culpabiliser, ce texte nous a donné envie d’être plus attentifs, plus empathiques, plus patients.
En le partageant avec le public, à travers le dispositif KiLLT, nous espérons qu’il ressentira les mêmes sentiments. Cette envie de déplacer son rapport à l’autre, d’être plus attentif à ce qui fait notre individualité, notre richesse. Pour au final, réussir à former un ensemble, par les mots.
Guillaume Fafiotte et Jonathan Salmon
Production Tréteaux de France, Centre dramatique national
Coproduction Théâtre de la Manufacture – CDN de Nancy Lorraine
Avec le soutien de Houdremont, centre culturel La Courneuve | La saison Jeune Public de la Ville de Gennevilliers | L’Agora, Association Culturelle de Billère | Théâtre des Sources et Cinéma le Scarron de Fontenay-aux-Roses | Théâtre du Cormier, Cormeilles-en-Parisis
Cerise Guyon
Après l’obtention d’un BTS Design d’espace, elle intègre l’université Paris III-Sorbonne Nouvelle pour une licence d’Études Théâtrales, obtenue en 2010. Elle intègre ensuite l’ENSATT (Lyon), dont elle sort diplômée en 2013. En parallèle à cette formation, elle se forme également à la construction de marionnettes auprès d'Einat Landais et complète cet apprentissage en suivant la formation mensuelle de l'acteur marionnettiste au Théâtre aux Mains Nues en 2016. Au théâtre, elle collabore avec Astrid Bayiha, Cécile Backès (accessoires), Pierre Cuq, Philippe Delaigue, Olivier Letellier, Emma Pasquer, Jérémy Ridel, Pauline Ringeade, Pauline Rousseau (Collectif Inverso). Elle a également été assistante à la mise en scène de Robert Wilson (Les Nègres, 2014). Pour la marionnette, elle travaille comme scénographe et/ou comme constructrice de marionnette, selon la géométrie des projets, avec Bérangère Vantusso, Audrey Bonnefoy, Zoé Grossot, Compagnie La Magouille, Lou Simon, Jurate Trimakaite.
Mélody Champagne
Mélody Champagne est diplomée de l’Académie Charpentier depuis 2002 (Diplôme de communication visuelle), après une préparation à L’ESAG, Atelier Met de Pennighen. Entre 2002 et 2005, Mélody exerce en tant qu’assistante du directeur de création pour l’agence Devilstudio. En 2010, elle co-dirige en temps que directrice de création le magazine en ligne Tale(s) Magazine sur les thêmes de l’art, la mode et la musique alternative. Entre 2005 et 2024, elle travaille en indépendante avec des agences de communication ainsi que ses propres clients. Co-fondatrice du studio graphique CBMC.
Antoine Prost
Antoine Prost est sound designer et compositeur de musique électronique. Il travaille pour des compagnies de théâtre pour lesquelles il crée les bandes-son, et produit également sa propre musique. Ses recherches s’articulent autour de la création de paysages, composés d’une riche palette de textures sonores. Depuis sa sortie de l’ENSATT en 2014, Antoine Prost a été amené à collaborer à plusieurs reprises avec Olivier Letellier (Le Théorème du Pissenlit, La Mécanique du hasard, Bastien sans main,…), Charles Chauvet (La nuit animale, Chorea Lasciva), Margaux Eskenazi (1983), Mathilde Delahaye (Impatience), le Collectif Nightshot (La très bouleversante confession…) et le Collectif X (Le Royaume).