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ANDROMAQUE

De Jean Racine (texte intégral) | Mise en scène Robin Renucci | Création le 3 juillet 2021 au Festival au Village à Brioux-sur-Boutonne (79)

Distribution et équipe artistique

Avec
JUDITH D’ALEAZZO (Cléone), MARILYNE FONTAINE (Hermione), SOLENN GOIX (Céphise), JULIEN LÉONELLI (Oreste), SYLVAIN MÉALLET (Pyrrhus), PATRICK PALMERO (Phoenix), HENRI PAYET (Pylade), CHANI SABATY (Andromaque)

Scénographie
SAMUEL PONCET

Costumes
JEAN-BERNARD SCOTTO

Assistant à la mise en scène
THOMAS FITTERER

Production 
TRÉTEAUX DE FRANCE - CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL

Contact production / diffusion :
Ariane Salesne
01 55 89 12 58 - 06 29 73 01 83
ariane.salesne@treteauxdefrance.com

Résumé

Forme itinérante composant le triptyque Dans le simple appareil avec les spectacles Bérénice et Britannicus

 

La guerre de Troie, interminable, s’est achevée dans la honte. Après cet horrible massacre, même le retour des héros tourne au désastre.

Le dilemme se dresse face à la nouvelle génération, fils et filles des héros légendaires : suivre les pas de leur aînés en sombrant dans la violence vengeresse ou se détourner des erreurs passées pour avancer.

Pyrrhus, roi d’Épire, aime Andromaque, veuve d’Hector, qu’il retient captive avec son fils, Astyanax. Amour et devoir se confrontent à l’arrivée d’Oreste, ambassadeur des Grecs qui réclament la tête d’Astyanax, tandis que lui désire la main d’Hermione, fiancée de Pyrrhus. La folie des sentiments va alors déterminer la suite des événements : qui de l’amour ou de la mort vaincra ?

Subversif et surprenant, Racine montre que la violence n’est que nostalgie. Suicide, meurtre et psychose semblent être le destin de ceux qui ne veulent pas lâcher prise et entrer dans la réalité de leur temps.

Ce spectacle est conçu pour aller à la rencontre du public, jouer partout et simplement. Grâce à l'espace en quadri-frontal, déjà utilisé pour Bérénice et Britannicus, les spectateurs se trouvent au coeur de l'action.

Biographie de l'auteur

JEAN RACINE
LA FERTÉ-MILON, 2 2 DÉCEMBRE 1639 – PARIS, 21 AVRIL 1699

Issu d’une famille de petits notables et tôt orphelin, Racine reçoit à Port-Royal son éducation littéraire et religieuse. Il entreprend, jeune, de faire une carrière de lettres, en privilégiant la poésie et le théâtre tragique. Le succès d’Alexandre le Grand, en 1665, lui confère une solide réputation et lui apporte le soutien du jeune roi Louis XIV (1638 – 1715). Andromaque, en 1667, ouvre une décennie de grandes créations qui voit, à côté d’une unique comédie (Les Plaideurs, 1668), représentées sept tragédies : Britannicus (1669), Bérénice (1670), Bajazet (1672), Mithridate (1673), Iphigénie (1674) et Phèdre (1677).

Le succès populaire, les querelles critiques, l’appui du roi et les faveurs à la cour de Madame de Montespan entraînent une ascension sociale et économique fulgurante de l’auteur : élu à l’Académie française en 1672, anobli en 1674.

À la demande de Madame de Maintenon, il écrit deux tragédies bibliques aux jeunes filles de Saint-Cyr : Esther (1689) et Athalie (1691).

Biographie du metteur en scène

ROBIN RENUCCI

Comédien et metteur en scène. Il est élève à l’Atelier-École Charles Dullin à partir de 1975, avant de poursuivre sa formation au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. Il joue au théâtre sous la direction, entre autres, de Marcel Bluwal, Roger Planchon, Patrice Chéreau, Antoine Vitez, Jean-Pierre Miquel, Lambert Wilson, Serge Lipszyc et Christian Schiaretti. Au cinéma, il tourne avec Christian de Chalonge, Michel Deville, Gérard Mordillat, Jean-Charles Tacchella, Claude Chabrol et bien d’autres. Il interprète de nombreux rôles pour la télévision, notamment celui d’un médecin de campagne dans la série Un Village français. En 2007, Robin Renucci réalise un premier long-métrage pour le cinéma Sempre Vivu !

Fondateur et président de L’ARIA en Corse, il y organise depuis 1998 les Rencontres Internationales de Théâtre en Corse. Il est par ailleurs professeur au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. Nommé directeur du Centre dramatique national Les Tréteaux de France en 2011, il signe les mises en scène de Mademoiselle Julie d’August Strindberg en 2012, Le Faiseur de Balzac en 2015, L’Avaleur, d’après Other People’s Money de Jerry Sterner en 2016, L’Enfance à l’oeuvre en création au Festival d’Avignon 2017, La Guerre des salamandres de Karel Capek créé au festival Villeneuve en scène en 2018, Bérénice en 2019, Oblomov d’après Ivan Gontcharov et Britannicus en 2020 et créera Andromaque en 2021.

Note d'intention

 

Comment avez-vous abordé la pièce Andromaque ?

Robin Renucci : Pour moi, il y a trois entrées à cette pièce : la policière, l’allégorique et la prosodique. La pièce débute avec l’arrivée d’Oreste en Épire pour réclamer à Pyrrhus le jeune Astyanax, fils d’Andromaque. Cette arrivée est l’élément déclencheur de la tragédie amoureuse entre le quatuor : Oreste aime Hermione, Hermione aime Pyrrhus, Pyrrhus aime Andromaque, Andromaque reste fidèle à son défunt époux Hector.

Un récit à suspens

La pièce est construite comme une série avec une trame policière. Les scènes s’enchaînent avec fluidité. Il y a une multitude d’enjeux : l’amour, l’engagement, les promesses, la fidélité, la politique... Cela se ressent dans le parcours d’Oreste, arrivé en Épire pour demander la mort d’Astyanax, il se retrouve pris en étau entre des enjeux politiques et l’amour passionnel qu’il ressent pour Hermione. Cela lui donne un certain ridicule car il s’illusionne dans son amour.

La pièce est rythmée par des tensions qui éclosent et s’épanouissent entre les protagonistes. On avance, on palpite avec les personnages et chaque fin d’acte amène son cliffhanger («suspense»).

La piste allégorique

Ma seconde entrée est l’allégorique. Dans Andromaque, Racine nous invite à considérer les personnages comme des allégories, ils expriment la violence, la fidélité, la jalousie et la folie... Pyrrhus, Oreste, Andromaque et Hermione, sont l’image même d’une idée précise. Oreste incarne la folie, Hermione, la jalousie, Pyrrhus, la violence et Andromaque, la fidélité. Ces allégories font des personnages, nés demi-dieux, des entités humaines dans lesquelles le public peut se reconnaitre.

Un plateau nu

La dernière entrée, qui guide en grande partie mon travail autour des oeuvres de Racine est la prosodie. Il s’agit de déployer un minimum de moyens pour rester dans une pureté de l’oeuvre qui réside essentiellement dans les trois unités : de temps, de lieu et d’action. Un plateau nu qui laisse place au verbe, au poète et à l’acteur. Je veux instaurer une ligne de jeu qui permet aux spectateurs d’être tenus en haleine et d’accéder réellement à la profondeur de l’oeuvre via son langage. Le dispositif quadri-frontal permet d’effacer toute barrière entre l’émotion des mots prononcés et le public.

Pouvez-vous nous parler du dispositif scénique ?

R.R : Chez Bérénice et Britannicus nous étions dans des lieux de pouvoir et d’amour, pendant le 17e siècle. On était donc dans une situation d’humains, à hauteur d’homme. Dans Andromaque, les personnages sont des demi-dieux, ce changement de statut conduit mon approche de la scénographie et des costumes. Les tapis des deux précédentes pièces étaient rectangulaires, mathématiques, humains. Pour Andromaque, j’ai tout de suite pensé au cercle, circulum, c’est à dire un cycle qui n’a pas de fin. 

Les motifs du tapis ne seront pas réalistes, ce seront des tâches de couleur, issues de deux valeurs fortes : le sang humain et le ciel. Elles représentent le lien entre ces mondes, le mariage entre le céleste et l’humain, à l’image des personnages d’Andromaque. Je voudrais des couleurs rougeoyantes, fauves qui rappelleront le passé : Troie en flammes.

À qui s’adresse cette pièce ?

R.R : À tous ! Dès l’adolescence. Je pense que la jeunesse, qui adore regarder Troie au cinéma et se passionne pour cette histoire, sera totalement perméable à cette histoire au théâtre. Nous proposons de permettre à ces jeunes de la redécouvrir. Parler de l’histoire originelle, celle des Atrides et de l’Illiade d’Homère, c’est ce qui plaît, surtout en cette période où nous manquons de mythologie. Je pense que c’est une nécessité de présenter cette pièce dans les établissements scolaires ou auprès d’un public adolescent car ce sont des histoires fortes, qui marquent et qui passionnent. La condition à cette découverte est de ne pas avoir d’étanchéité entre la salle et le plateau. C’est pour ça que je ne veux pas monter ces pièces dans un décor impressionnant, elles doivent se découvrir dans l’intimité, face à face, dans la lumière du jour : dans le simple appareil.