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 ©
L.Lot |

Avec
Marcel Maréchal Montage sonore François Fayt Lumières
Jean-Luc Chanonat Régie Henry Valette Production Tréteaux
de France |
Entretien avec Louis Guilloux. Propos recueillis par François
Bourgeat (Septembre 1977) Louis Guilloux,certains
vous ont, une fois pour toutes, étiqueté "écrivain prolétarien".
Vous acceptez? . "Ah, non! Je n'accepte aucun appellation. Les
critiques ont besoin de classements, de repères.Moi, je ne m'appelle pas
comme ça.Je m'appelle Louis Guilloux et je fais ce que j'ai envie de faire.Je
suis un écrivain, c'est tout. En plus, je ne pense pas que le prolétariat
soit indemne de toute tare. Et je n'en fais pas une idole."
Louis
Guilloux et Marcel Maréchal
Louis Guilloux,
vous avez soixante dix-huit ans. Reprendriez-vous à votre compte la phrase
de Cripure : "La vérité de cette vie, ce n'est pas qu'on meurt,
c'est qu'on meurt volé"? "Et comment! Je suis au
SMIG! Dans ce sens-là, alors oui, je suis un écrivain prolétaire,
pas prolétarien! Ah oui, on meurt volé! Et volé sur tous
les plans. Dans cette putain de société, où on parle sans
cesse de milliards, mais où il n'y a jamais d'argent pour les moins favorisés,
on vous prend tout! La seule chose qu'ils n'ont pas pu me prendre, c'est mon temps.
Et vous voudriez que tout ça continue? Pas possible. Entre 40 et 45, nous
avons découvert l'horreur des camps de concentration. Et comme réponse
à Auschwitz, nous avons inventé quoi? Le drugstore ! Il aurait fallu
quand même autre chose, en face, à la dimension, non? On a plongé
au comble de l'horreur, un million d'enfants assassinés et brûlés.
Et la réponse à çà? Le drugstore. Louis
Guilloux, vous ne démissionnerez jamais? !
"Ne craignez rien, je mourrai vivant."
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| La Maison du peuple (1927)
est le premier roman de Louis guilloux.. "Je n'ai jamais pu lire
La Maison du peuple sans un serrement au coeur, écrira Albert
Camus. Ce livre me parle d'une vérité qui passe les empires
et les jours : celle de l'homme seul en proie à une pauvreté aussi
nue que la mort." L'action se déroule juste avant la première
guerre mondiale. Un enfant -Louis Guilloux- raconte les luttes ouvrières
de son père, cordonnierà Saint-Brieuc, qui se bat pour plus de justice
sociale et pour la rénovation des quartiers pauvres. Il lutte pour fonder
une section socialiste. Il n'y parvient pas mais, puisant dans l'échec
une nouvelle force, entreprend de construire de ses mains une "maison
du peuple". Constamment éclairé par la chaude lumière
de la tendresse humaine, ce roman est une oeuvre littéraire de tout premier
plan. |
"Deux
chaises, une longue table, un cache-nez tricoté rouge, l'image floue d'un
navire à quai à Saint-Brieuc, et une poignée de feuilles
manuscrites, c'est tout le "théâtre" utile à Marcel
Maréchal pour lever tout l'orage, toute l'insurrection des pages de louis
Guilloux. Le public retient son souffle. Ce qui est poignant, c'est à quel
point Marcel Maréchal est déstabilisé par l'arme miraculeuse
du texte...Il ne faut pas manquer la rencontre Guilloux-Maréchal ; c'est
immense." Michel Cournot Le Monde |
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