2 dates à venir

Mardi 19 décembre - Scolaire

Bernay

Bernay (27)

Samedi 2 juin

Salle Le Navarre

Champ sur drac (38)

MOLIERE EST DANS LE PLACARD

de Nadine Darmon - Mise en scène Judith d'Aleazzo

Note d'intention

Quand Nadine Darmon m’a “présenté” sa Melle Pâquerette, cocasse de maladresse, empressée, butant sur les mots, cordiale et “empêchée” tout à la fois, j’ai été enthousiasmée à l’idée de l’accompagner dans ses pérégrinations en appartement - me doutant que Molière ne tarderait effectivement pas à sortir du placard...
Baillonné, enfermé mais qui ne demande qu’à surgir pour nous parler encore et toujours de nous, père, mère, enfant, fille, fils, mari, épouse... Oui, il loge bel et bien chez nous, sans que nous l’entendions vraiment, sans qu’on lui donne la parole ; sans même pour certains d’entre nous, nous souvenir qu’il vit chez nous, en nous, ni même qui il est. Or, qu’est-ce que “la langue de Molière” dans l’acceptation commune, sinon la langue française? Et qu’est-ce que l’aimer puis la maîtriser, sinon donner corps à sa propre autonomie? “Et comme l’on parle qu’est-ce que c’est donc que cela ?” Dans nos appartements, lieux clos des réunions familiales, lieux des échanges mais aussi des confrontations filiales, conjugales, paternelles, les grandes figures qui traversent l’oeuvre de Molière apparaîtront, chacune, toutes, prises en charge, en main, en voix par une Melle Pâquerette soudainement traversée des mots du Maître.
Et qui mieux pour lui redonner voix et corps que Nadine Darmon, interprète amoureuse des mots, de la langue dans sa plus pure musicalité, celle qui donne sens, puissance, émotion? Dans une grande précision vocale et corporelle, Tartuffe, Lisette, Gorgibus, Sganarelle, Dorine s’incarneront pour nous donner à voir, écouter et entendre “Ouais ! quels discours ! “ à travers une scénographie légère (paravents, porte-habit illustré de la Carte de Tendre, quelques sons) les mots de Molière qui sont nôtres. Nous qui sommes aussi parfois des Mademoiselle Pâquerette, nous partirons avec elle à la conquête de son amoureux rêvé, filant les chemins de la Carte de Tendre, à la conquête de notre langue et de ses sortilèges “Par ma foi ! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela.”