TOUT CE QUI NE TUE PAS

de Dorothée Zumstein - Mise en scène de Valérie Suner / Création 2019

Distribution et équipe artistique

avec Teddy Chawa et Julien Léonelli

Teddy Chawa
Formé aux Cours Florent pendant 3 ans, Teddy Chawa intègre en 2016 le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. Au sein de l’école, il travaille avec Xavier Gallais et Nada Strancar sur des textes classiques de Racine pendant 2 ans ainsi qu’avec le Théâtre du Soleil lors d’un stage en Inde dirigé par Ariane Mnouchkine autour de l’improvisation. En dehors de l’école, il travaille sous la direction de Thierry Harcourt, Patrick Pineau.

Julien Léonelli
Formé au théâtre à l’école Claude Mathieu, Julien Leonelli participe aux Rencontres internationales de théâtre en Corse (ARIA) dirigées par Robin Renucci, il travaille le clown aux côtés de Julien Cottereau, Vincent Rouche et Anne Cornu. Il collabore avec le Théâtre du Fracas, la Compagnie du Matamore et travaille sous la direction de Christophe Moyer, Valérie Suner, Nicolas Kerszenbaum, Johanny Bert. Il rejoint les comédiens des Tréteaux de France en 2015.

Résumé

La création va s’inspirer d’un matériau vivant : la parole de trente jeunes hommes de Seine-Saint-Denis.

Coproduction Les Tréteaux de France, Centre dramatique national / Théâtre de la Poudrerie 

Ecriture : Dorothée Zumstein à partir des témoignages de trente jeunes hommes de Seine-Saint-Denis

Mise en scène : Valérie Suner
avec Teddy Chawa et Julien Leonelli

Scénographie et lumière: Laurent Béal
Costumes : Cécilia Delestre

 

Diffusion du Spectacle Contact 
Juliette Marie
01 55 89 12 63 – 06 33 10 75 54 – juliette.marie@treteauxdefrance.com

 

Faut-il tuer son désir pour réussir ? Les hommes que Dorothée Zumstein et Valérie Suner s’apprêtent à rencontrer laisseront-ils les sirènes de l’argent facile museler les rêveurs qu’ils portent en eux ?
Ce nouveau spectacle orchestré par le Théâtre de la Poudrerie et les Tréteaux de France entend redonner un souffle de liberté, ouvrir un espace d’utopie contre les valeurs perverties de la société consumériste. Conçu pour l’espace intime de la représentation en appartement, Ce qui ne tue pas s’inscrit dans la démarche entreprise il y a quelques saisons par les deux producteurs : renforcer la proximité entre artistes et publics et générer de nouveaux espaces de dialogue.

 

Biographie de l'auteur

Dorothée Zumstein

Dorothée Zumstein a écrit une dizaine de pièces, parmi lesquelles MayDay, mis en scène par Julie Duclos (entre autres au Théâtre de la Colline) ; Never, Never, Never, lauréat de l’aide à la création et du fonds SACD-théâtre ; Mémoires Pyromanes (Time Bomb - Prix des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre 2008) mise en espace par Philippe Duclos, puis par Laurent Mulheisen au Théâtre du Vieux-Colombier… Ces dernières sont parues chez Quartett. Elle obtient en 2012 une bourse du CNL pour Ammonite, parue aux Nouvelles Editions Jean-Michel Place et lue aux 40èmes rencontres de la Chartreuse. En plus de nombreux romans, elle a traduit pour la scène plusieurs pièces de William Shakespeare et Christopher Marlowe. Outre Tout ce qui ne tue pas, elle travaille à l’écriture d’un opéra, Patiente 66, avec le compositeur Benoît Delbecq et à celle de Meeting Point, pièce qui sera créée par Catherine Umbdenstock en 2019.

Biographie du metteur en scène

Valérie Suner

Femme de théâtre, Valérie Suner mène des projets culturels depuis 25 ans. En 1993, elle fonde une compagnie franco-tchèque de théâtre de recherche qui initie des projets artistiques. A partir de 1997, elle collabore en France aux mises en scène de Michel Fagadau (directeur de la Comédie des Champs-Elysées) et de Michael Batz avec qui elle dirige la Compagnie Yorick jusqu’en 2010.
Durant deux ans, elle est également conseillère de Gabriel Garran au Théâtre International de Langue Française à Paris. Depuis 2011, elle dirige à Sevran en Seine-Saint-Denis le Théâtre de la Poudrerie qu’elle a fondé avec Alain Grasset. Elle y propose des projets culturels capables de tisser du lien social et poursuit la mise en scène avec les spectacles Le Prince Charmant (Alain Pierremont, 2013), Ailleurs (Alain Pierremont, 2015), Je suis une femme mais je me soigne (Marie-Capucine Diss, 2017), Au_tour de (Jean-Michel Bruyère, 2018) et ses prochains projets de création Tout ce qui ne tue pas…(Dorothée Zumstein, 2019) et Des fleurs qui s’ouvrent en mars, on n’a que le regard (Mohamed Rouabhi, mars 2019).

Note d'intention

Valérie Suner - Metteur en scène et directrice du Théâtre de la Poudrerie

Cela fait 7 ans que nous développons notre travail de création participative sur le territoire de Sevran et de Terre d’Envol en Seine-Saint-Denis. Nous avons rencontré 20 000 spectateurs à domicile et presque 800 personnes ont participé à des créations mais nous n’avons jamais travaillé spécifiquement avec les jeunes hommes. Pourtant, ce sont eux qui sont certainement les plus impactés par les préjugés et la mauvaise réputation que leur font les médias.

J’ai eu envie d’aller à leur rencontre pour écouter leurs parcours de vie, savoir ce qu’a été leur enfance, leur jeunesse dans les quartiers. Comment la société consumériste a un impact ou non sur eux, comment la cité a un impact ou non sur eux, leur rapport à la famille, découvrir leur langage verbal et non verbal, leurs codes... Quel est leur désir profond, ce qui leur donne envie d’avancer, de vivre, de créer…

J’ai proposé à Dorothée Zumstein de m’accompagner dans cette aventure. Dorothée est auteure de théâtre, j’ai découvert son travail au Théâtre de la Colline. Son écriture n’est pas à proprement parler réaliste mais il m’a justement paru intéressant de faire se rencontrer son univers poétique et les paroles de jeunes hommes du territoire. 

Pour rencontrer ces jeunes, nous avions quelques pistes… Les cinq fils de Mohamed et Hafida (des habitants ayant organisé un spectacle à domicile) qui sont tous passionnés de foot, les copains d’Anne Béatrice (une ancienne stagiaire) qu’elle a rencontrés à l’église évangélique, Jamel le frère des soeurs Charef qui est grapheur…

Dorothée Zumstein - Auteure

Avec Valérie Suner, nous avons déjà commencé à rencontrer quelques jeunes sevranais, âgés de 20 à 35 ans. Un étudiant, un grapheur, un aspirant footballeur. Tous débrouillards, résilients, résistants. Ces premières interviews nous ont appris qu’ici les stratégies de survie – innombrables, souvent admirables – passent par l’apprentissage du territoire. Courir, se battre, gravir des murs ou contourner des obstacles réels ou symboliques : aller à l’école de la vie n’est pas une vaine expression ici. 

La force et l’énergie des jeunes interviewés étonne, leur volonté aussi. « Ne vise pas les étoiles, vise au-delà ! » nous disait l’un d’eux, citant l’un des professeurs qui lui a donné des raisons d’y croire, quand d’autres l’avaient découragé. Certains écoutent ces bonnes voix – celles qui mettent du vent dans les voiles. D’autres ne savent pas se boucher les oreilles quand le chant des sirènes de l’argent facile se fait entendre. Tous nous paraissent incroyablement lucides : pour avoir failli « tomber » eux-mêmes ou pour en avoir vu tomber d’autres, moins forts, moins bien entourés ou moins bien structurés qu’eux… 

Ce qui ne tue pas rend plus fort : cette citation de Nietzsche, presque tous nos jeunes déjà interviewés pourraient la revendiquer.