Philo Fight au Logos Club

D’après Platon - Adaptation et mise en scène de Grégoire Ingold - Création janvier 2020

Distribution et équipe artistique

avec Heidi Brouzeng, Denis Lavant, Boun Sy Luangphinith (distribution en cours)

Heidi BROUZENG - Comédienne
Comédienne de formation (différentes écoles et ateliers à Paris), elle a travaillé entre autres avec K. Frédric, S. Loïk, MJ Thomas, B. Bloch, C. Thiry, C. Beau et E. Durif, A.M. Pleis, P. Fructus... sur des textes classiques et contemporains.
En 2005, elle reprend la compagnie L’SKBL en Lorraine qu’elle dirige toujours aujourd’hui en creusant d’autres espaces de jeu au croisement de différentes disciplines artistiques (musique, marionnette notamment).

Elle est cofondatrice du trio Strange Ladies, du duo Mme Za, ou intervient en tant qu’invitée dans le groupe 60 Étages ou l’ensemble de musique contemporaine XXI.n. Ses performances et créations ont été jouées dans différentes manifestations : au GRIM (Marseille) ; Les Instants Chavirés (Montreuil) ; Farniente Festival (Pornichet) ; Festival Musique Action (Vandoeuvre) ; Festival In Situ - (l’Echangeur- Bagnolet) ; Festival PiedNu (Le Havre) ; Zones Libres (Aurillac) ; Festival Court Toujours (Thionville). 

Denis LAVANT - comédien
Fasciné par Marcel Marceau, à 13 ans, il prend des cours de clown et de pantomime. Formé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, il a pour professeur Jacques Lassalle. Il commence sa carrière au théâtre sous la direction d’Antoine Vitez où il joue le chef de troupe dans Hamlet, avant d’être révélé par le cinéaste Léos Carax qui lui confie le rôle masculin emblématique d’Alex dans Boy meets Girl, puis dans Mauvais sang et Les amants du Pont Neuf aux côtés de Juliette Binoche.
Sa carrière se déroule essentiellement au théâtre même s’il poursuit sa carrière au cinéma.
On le retrouve dans un certain nombre de rôles principaux dans La Partie d’échecs de Yves Hanchar (1991) ; Visiblement je vous aime de Jean Michel Carré (1995) ; Beau travail de Claire Denis (1999) ; Capitaine Achab de Philippe Ramos (2007). Il retrouve Leos Carax en 2008 pour une partie du film Tokyo ! et, en 2012, pour Holy Motors. Ce film lui vaut une nomination au César 2013 du meilleur acteur. Il est Louis-Ferdiand Céline dans le film d’Emmanuel Bourdieu (2016).
Récemment, il était aux côtés de la chanteuse Sapho, du rappeur Disiz et du musicien Medhi Haddab dans Les amours vulnérables de Desdémone et Othello de Manuel Piolat Soleymat et Razerka Ben Sadia- Lavant au Théâtre Nanterre-Amandiers ; en tournée avec la Compagnie du Hanneton pour Tabac Rouge un « chorédrame » de James Thierrée ; Faire danser les alligators sur la flûte de Pan de Émilie Brami mis en scène par Ivan Morane au Festival d’Avignon ; Les Fourberies de Scapin, mis en scène par Marc Paquien au Théâtre des Célestins à Lyon ; Élisabeth II de Thomas Bernhard, mis en scène par Aurore Fattier au Théâtre des Célestins à Lyon et en tournée en Belgique ; Le Duc de Gothland de Christian Grabbe, mis en scène par Bernard Sobel au Théâtre de l’Épée de Bois – Cartoucherie de Vincennes ; Cap au pire de Samuel Beckett, mis en scène par Jacques Osinski dans le Festival Off d’Avignon ; Monarques, adapté du roman de Philippe Rahmy mis en scène par Sophie Kandaouroff au Théâtre 2.21 à Lausanne ; Véro 1ère, reine d’Angleterre de Gabor Rassov mis en scène par Philippe Nicolle au Théâtre Dijon-Bourgogne et en tournée. 

Boun Sy LUANGPHINITH - Comédien
Après avoir suivi les cours du Studio Création Formation 34 dirigés par Philippe Brigaud, il se consacre au répertoire du théâtre pour jeune public et joue dans Océane au pays des algues et Le cheval en coulisse pour le Festival Enfantillages au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. Il met en scène Une année sans été de Catherine Anne, joué au Théâtre Daniel Sorano de Vincennes. Avec Yvan Garouel il joue Le Cercle de craie Caucasien de Bertolt Brecht. Il se joint à l’Unité d’étude des écoles de mise en scène pour le cycle d’étude sur Brecht - L’exercice du modèle : Le cercle de craie Caucasien 1954, puis sur Le théâtre didactique.
Avec Alain Olivier, il joue l’Exception et la règle de Bertolt Brecht.
Avec Grégoire Ingold, en résidence au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, il joue Le vol au-dessus de l’océan et L’importance d’être d’accord de Bertolt Brecht, Qu’est-ce que c’est que la justice ? extrait de La République - Livre I de Platon ; à La Comédie de Reims, Gorgias de Platon ; au Théâtre de Vienne, La Scène est sur la scène de Jacques Jouet, Timon ou le misanthrope de Lucien de Samosate, Questions et subtilités de Tabarin, d’Antoine Tabarin Girard, au Théâtre Nanterre-Amandiers et au TNP de Villeurbanne La République de Platon d’Alain Badiou ; en tournée, Lakhès, de Platon. Récemment, avec Liliane Nataf, il joue une adaptation de La bonne âme du Se-tchouan ; avec Anne Barlind, Mira et les nids de coucou, de Martina Montelius ; avec Stanislas Roquette, Soulever le politique de Denis Guénoun. 

Résumé

Un spectacle hybride entre jeux de disputes et dialogues de Platon. Qui du penseur ou de l’orateur aura la légitimité pour définir ce qui est vrai ? 

D’après Gorgias, ou le procès de la rhétorique de Platon et La Septième Fonction du langage  de Laurent Binet
Adaptation et mise en scène de Grégoire Ingold

Production : Tréteaux de France – Centre dramatique national
Coproduction : Balagan Système

Diffusion du Spectacle Contact 
Maud Desbordes
01 55 89 12 58 – 06 82 57 50 36 – maud.desbordes@treteauxdefrance.com

« Si l’on n’a pas tous les mêmes intérêts, conceptions, ou points de vue, il faut tout de même que l’on vive ensemble et que l’on débatte pour construire le bien commun. La rhétorique, qui est un art du discours et du débat, est alors peut être un mal nécessaire.

Gorgias de Platon est un procès à charge de la rhétorique, qui met aux prises Socrate, Gorgias et Calliclès avec une rare violence. Pour Platon, la survenue à Athènes de ce nouvel art oratoire – qui prétend assurer à celui qui le maîtrise le pouvoir de persuader les foules – représente la destruction d’une vie civique raisonnable au sein des cités.

Qui, de la rhétorique ou de la philosophie, aura le droit de définir ce qui est vrai ? Entre la rhétorique et la philosophie se joue la légitimité à produire tout discours.

Biographie du metteur en scène

Grégoire INGOLD

Comédien et metteur en scène, il est élève d'Antoine Vitez à l'École du Théâtre National de Chaillot ; il joue sous sa direction dans plusieurs spectacles à Chaillot et à l'Odéon. Parallèlement, il fonde à Paris, en 1982, le Théâtre du Quai de la Gare où toute une génération de jeunes metteurs en scène produira ses premiers spectacles.
En 1988, il entreprend une série de voyages d'études sur les formes de théâtre populaire en Afrique francophone ; il est Lauréat du prix Villa Médicis hors-les-murs en 1989. En 1991, il crée le Festival Théâtre en Cités à Kinshasa.
De retour en France, il se consacre à l’étude des écoles de jeu qui fondent les grands courants du théâtre au XXème siècle – Stanislavski, Brecht, Vassiliev – et crée l'Unité d'étude des écoles de mise en scène.
En 1997, il revient à la mise en scène avec la compagnie Balagan Système. Associé au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis puis à La Comédie de Reims, il prend en charge une mission spécifique de décentralisation. Depuis 2004 la compagnie est implantée en région Rhône Alpes.
Il a signé une vingtaine de mise en scène et s’intéresse particulièrement au répertoire de la dispute des idées d’une part, aux formes du théâtre forain d’autre part.
Il a mis en scène dernièrement L’extravagant monsieur Jourdain de Mikhaïl Boulgakov, Ahmed philosophe de Alain Badiou, Entretiens d’embauche de Jacques Jouet, castelet de marionnettes pour adultes et La république de Platon d’Alain Badiou, en version spectacle et en version lecture feuilleton de l’intégralité de l’œuvre pour le 69ème Festival d’Avignon, La République – Livre I, qu’est-ce que la justice ? Hippias majeur, qu’est-ce que la beauté ? et Lakhès, qu’est-ce que le courage ? de Platon. 

Note d'intention

Logos Club, le nom emprunte au roman de Laurent Binet La 7ème fonction du langage. Au tournant des années 80, une petite société interlope de gens passionnés par toutes questions qui touchent aux opérations de langage – linguistique, sémiologie, rhétorique – se donne rendez-vous dans une cave du faubourg Saint-Germain, dans l’amphithéâtre de dissection de l’ancienne université de Bologne ou à La Fenice de Venise, pour pratiquer des concours de disputes. Les sessions comportent plusieurs disputes successives, amicales ou classées. Tous les matchs sont des duels, on tire au sort un sujet, il s’agit toujours d’une question fermée à laquelle on peut répondre par oui ou par non, ou bien d’une question de type «pour ou contre» de façon que les deux adversaires puissent défendre des positions antagonistes.

La disputation est l’exercice souverain de la classe de rhétorique qui était pratiqué de façon assidue dans l’université médiévale comme mode d’apprentissage de la pensée critique et dialectique.
Pro et contra - le jeu de la dispute, c’est aussi l’exercice que nous avons proposé depuis quatre saisons à l’expérimentation du public, au sein d’associations, aux lycéens et étudiants, en milieu carcéral. Reprenant à notre compte le dispositif de la dispute dans sa version élémentaire, nous l’avons fait évoluer au fur et à mesure des impasses et des découvertes qui se révélaient de séances en séances.
Au cœur du procès de la rhétorique que nous engageons avec ce projet, cette invitation au jeu de la dispute se retrouve doublement – comme prologue au spectacle, et comme exercice proposé à la pratique des spectateurs.
Le texte du Gorgias est incomplet, il y manque un début. Platon fait commencer le dialogue lorsque Gorgias, le célèbre sophiste de passage à Athènes, sort de scène où il vient de donner une prestation d’art oratoire, séance démonstrative de la toute puissance de la rhétorique aussi bien que publicitaire des leçons particulières qu’il se propose de donner aux jeunes gens de l’aristocratie athénienne. Socrate, comme pour se soustraire à la fascination du discours sophistique a volontairement manqué la séance et engage la conversation avec Gorgias pour apprendre de lui ce qu’est, ce que peut, la rhétorique. Ce faisant, il propose à Gorgias les règles d’un autre usage de la parole pour élucider une question : le dialogue. Mais si l’on comprend bien pourquoi Platon fait débuter la scène avec l’arrivée de Socrate, reste qu’il est malaisé de commencer la mise en jeu de ce dialogue par cette saute dans un « après ».
J’ai donc souhaité ajouter un prologue et j’ai demandé à Laurent Binet d’emprunter à son roman le titre du Logos Club et le texte de l’une des joutes – l’oral contre l’écrit – qui, à son tour, nous ramène à un autre dialogue de Platon où Socrate dispute avec Phèdre pour savoir qui, de l’oral ou de l’écrit, doit avoir notre préférence dans le processus d’apprentissage.