L'EFFET B.

Adaptation de Simon Grangeat d'après la nouvelle d'Herman Melville- Mise en scène de Solenn Goix - Création Été 2020

Distribution et équipe artistique

avec Virginie Lavalou, Julien Leonelli, Sylvain Méallet, Patrick Palmero, Chani Sabaty

 

Résumé

Dans le centre d’affaire d’une grande métropole, les collaborateurs d’un open-space accueillent leur nouveau collègue, Beltray. Tous paraissent très occupés et le travail ne manque pas pour le dernier arrivé. Mais dans cette ambiance très corporate, Beltray sent qu’une faille est en train de s’ouvrir : la forêt l’appelle….
A l’instar du héros melvillien, Beltray dit « je préfèrerais ne pas » et c’est une brèche qui s’ouvre dans le monde si fermé de l’open-space. Existe t-il une zone où se défendre ? Peut-on retrouver le temps de l’humain en faisant un pas de côté ?

 

Production : Tréteaux de France - Centre dramatique national / coproduction en cours

Contact production / diffusion :
Jenny Suarez
jenny.suarez@treteauxdefrance.com
06 62 46 70 72

 

De Bartleby aux gilets jaunes, qui préfère ne pas ?

Bartleby, copiste consciencieux, travaille dans le cabinet d’un juriste de Wall Street. Un jour son patron l’appelle pour examiner un document et là, c’est la stupeur ; le scribe rétorque à la surprise générale :   « Je préfèrerais ne pas ».
Le personnage créé par Melville est devenu un symbole de la résistance passive, à travers sa formule devenue célèbre «I would prefer not to».
Je préfèrerais ne pas.
Ne pas.
Ne pas faire ce que l’on me demande, ne pas être celui qu’on attend, ne pas faire partie du système ? Cette formule, reprise, analysée, décortiquée par les philosophes et les écrivains, revient régulièrement sur le devant de la scène, comme en 2011 lors du mouvement de protestation Occupy Wall Street. Le livre se passe, se prête et se lit collectivement lors de «marathons de lecture» dans un parc occupé du quartier de la finance mondiale.

C’est cet «effet Bartleby» qui m’intéresse. Plutôt que de faire une énième adaptation de la nouvelle, j’ai proposé à  Simon Grangeat, dont l’écriture est éminemment politique,  d’explorer le lien entre un employé d’un « bullshit job »  - terme de l’anthropologue américain David Graeber - et un zadiste, ou comment un rond-point occupé devient une forêt où on peut enfin construire sa cabane…

 

Solenn Goix

Biographie de l'auteur

Herman Melville


Herman Melville est né le 1er août 1819 à New York. Issu d’une famille aisée, son père meurt en 1832, laissant le jeune Herman dans une situation financière désastreuse. Plutôt que de devenir instituteur, il préfère s’enrôler à vingt-trois ans dans l’équipage d’une baleinière des mers du Sud. Il séjourne aux îles Marquises puis rentre aux Etats-Unis où, inspiré par ses voyages, il commence à écrire des romans et des poèmes. Il connaît son plus grand succès avec Moby Dick, qu’il dédit à son ami Nathaniel Hawthorne.
Il est l’auteur de récits tirés de son expérience de marin ainsi que de plusieurs nouvelles. Bartleby the Scrivener est certainement la plus célèbre : on considère qu’elle contient déjà des traits de la littérature existentialiste et de la littérature de l’absurde, entre autres. Considéré aujourd’hui comme l’une des figures majeures de la littérature américaine, Melville finit pourtant sa vie comme inspecteur des douanes, son œuvre ne rencontrant plus la faveur du public. Il meurt dans l’indifférence générale le 28 septembre 1891 à New-York.

Simon Grangeat auteur


Après un parcours universitaire, Simon Grangeat anime un collectif artistique pluridisciplinaire, avant de se consacrer uniquement à l’écriture. Il s’associe aujourd’hui régulièrement avec des metteurs en scène, à l’occasion de commandes ou de partenariats artistiques. Son écriture joue des formes documentaires, tissant des liens étroits entre la fiction et le récit de notre monde. Ses textes sont régulièrement joués ou mis en lecture dans le réseau des écritures contemporaines (Comédie-Française, collectif À Mots Découverts, Théâtre du Rond-Point, centres dramatiques nationaux, scènes nationales…). Il reçoit l’aide à la création du ministère de la Culture en 2011 pour T.I.N.A., une brève histoire de la crise et en 2016 pour Du Piment dans les yeux – texte publié en 2017 aux éditions des Solitaires intempestifs. Parallèlement à l’écriture, Simon Grangeat développe de nombreuses actions de formation autour de la lecture et de l’écriture du texte contemporain en direction des professionnels, des enseignants ou des adolescents. Il est membre de l’association Postures, porteuse des prix Collidram (littérature dramatique au collège) et Inédit d’Afrique et d’Outremer (littérature dramatique au lycée).

Biographie du metteur en scène

Solenn Goix


Après avoir suivi une formation de comédienne en 2004 au sein de la compagnie Jo Bithume à Angers, Solenn Goix enchaine les stages de clown et de mime tout en jouant dans des cafés théâtres et en rue. En 2011, elle suit une formation de deux ans en Mime corporel dramatique à Barcelone. En 2013 elle joue avec la compagnie Ginko avant de rejoindre en 2015 les comédiens des Tréteaux de France. Elle joue actuellement dans Ping Pong (de la vocation) mis en scène par Nicoals Kerszenbaum, Ce sera comme ça mis en scène par Patrick Pineau, La Guerre des Salamandres d’après Karel Čapek et Bérénice, mis en scène par Robin Renucci et dans Céleste gronde, création jeune public des Tréteaux de France mis en scène par Nadine Darmon et Marilyne Fontaine.
Elle a mis en scène Le chat noir avec Les ateliers du vent à Rennes et Once conejitos avec le Vueltabajo Teatro à Barcelone. Elle est comédienne permanente des Tréteaux de France depuis 2018.

Note d'intention

C’est d’abord un chœur. Le public est accueilli par un chœur. Cette histoire-là sera racontée à plusieurs voix. Deux femmes, deux hommes.  
Et… un autre homme. Celui-ci est un peu à part, il n’est pas tout à fait comme eux. Son rythme est différent, il s’oppose à celui des autres. Il n’est pas contre, non, c’est comme s’il marchait à côté, comme s’il marchait à quelques centimètres au-dessus du sol.
Notre travail consistera à faire entendre cette musique qui décale, cette machine qui déraille, cette parole qui interrompt, qui s’interpose.
Je proposerai aux comédiens de trouver une voix et une danse communes, pour pouvoir y entendre la dissidence, mais aussi pour s’y retrouver, pour s’y réchauffer.

Je souhaite ce spectacle comme une cabane : le lieu du jeu, de la reconstitution, de l’imaginaire et de la déconstruction.
Le jeu, comme celui des enfants, où l’on s’amuse à dire des mots incompréhensibles comme process ou brainstorming, où Bartleby est devenu une chaîne de cafés à emporter, où l’on porte des perruques pour s’oublier.
La reconstitution du fait divers : celui de l’employé modèle qui fait sécession.
Le monde que l’on invente : une cabane dans les arbres, à moins que ce soit un arbre dans la cabane ? Des histoires sans limites, des chansons au coin du feu.
Puis la déconstruction du décor, des phrases et des modèles : la cabane c’est l’anti-construction, c’est ce qui est, ce qui se tente, ce qui s’invente, là.