3 dates à venir

lundi 8 avril à 14h et mardi 9 avril à 14h et 19h

Théâtre des sources

Fontenay-aux-Roses (92)

Création Avril 2019

Espace Philippe Auguste - Vernon

Vernon (27)

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CELESTE GRONDE

De Joséphine Chaffin - Mise en scène de Nadine Darmon et Marilyne Fontaine - Création avril 2019

Distribution et équipe artistique

avec Judith d’Aleazzo, Thomas Fitterer, Solenn Goix et Patrick Palmero

 

Scénographie Sandrine Lamblin
Création son et vidéo Philippe Montémont
Création lumières Thierry Alexandre
Musique originale Gabriel Benlolo 
Costumes Anne Rabaron 

 

Une production Tréteaux de France – Centre dramatique national
Ce projet est soutenu par le Département de la Seine-Saint-Denis dans le cadre du dispositif In Situ, artistes en résidence dans les collèges

Céleste gronde a été écrit dans le cadre d’une commande du Festival en Acte(s)

 

Résumé

Une fable contemporaine à partir de 8 ans.

Une fable qui interroge le présent sur l’avenir qu’il prépare … Céleste Fuse relate un moment de sa propre histoire, le souvenir du combat qu’elle a mené à l’âge de 10 ans, mais que s’est-il passé entre ces deux temps de son existence ?
« Tu as fait 6344 pas aujourd’hui, tu as le droit de manger une glace ; tu as rangé ta chambre en 18 minutes, fais mieux demain ; tu as appris ta leçon en connectant 490 742 neurones, fais 2958 connexions de plus la prochaine fois pour améliorer tes performances ».

 

Ainsi parle la maison connectée de Céleste, HOMI. Du sol au plafond, ça parle. HOMI encadre toute activité, car pour chaque activité il existe une application pour planifier, enregistrer, évaluer. HOMI est conçue pour inciter les habitants de la maison à mieux contrôler leur vie, à la rendre plus saine, mieux organisée, bref : plus épanouie !

Ses parents entièrement accaparés par leur vie professionnelle confient la garde et l’éducation de Céleste à Homi, en toute quiétude car cette merveille de technologie peut assurer les tâches domestiques mais également veiller à la sécurité ainsi qu’à la santé physique, morale, intellectuelle et psychologique de leur fille.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Mais le jour de ses 10 ans, tout change : suite à un paramétrage de la maison, Céleste se voit obligée de suivre un « programme de vocabulaire conforme ». Désormais, HOMI surveille et corrige le langage de Céleste.

Ce même jour, alors que la presse alerte la population sur l’arrivée d’un virus informatique dans le pays, Céleste réalise qu’Homi, cette unité centrale informatique, n’est pas infaillible. Avec la complicité de son meilleur ami, Noé, en l’absence de ses parents, elle s’engage dans un combat à mort contre Homi. Ce qui gronde et va mettre la maison sens dessus-dessous, c’est un dérèglement poétique de l’ordre, c’est un tsunami de mots.

Le combat est dangereux, l’issue incertaine …

Biographie de l'auteur

Joséphine Chaffin – autrice

Joséphine Chaffin fait des études théâtrales à L’École Normale Supérieure de 2009 à 2012, où elle mène un travail de recherche sur le statut des femmes de théâtre aujourd’hui en France. Elle intègre ensuite un Mastère de management culturel à l’ESCP-Europe.
Au terme de ses études, elle assiste Christian Schiaretti au Théâtre National Populaire. C’est dans ce cadre qu’elle rencontre l’équipe des Tréteaux de France, Centre dramatique national dirigé par Robin Renucci, dont elle est l’assistante artistique entre 2013 et 2017. Durant cette période, elle est assistante à la mise en scène sur L’École des femmes de Molière et La Leçon de Ionesco (en partenariat avec le TNP, mises en scène de Christian Schiaretti), ainsi que sur Le Faiseur de Balzac et L’Avaleur de Jerry Sterner (mises en scène de Robin Renucci).
Aujourd’hui, elle se consacre à ses projets d’autrice et de metteuse en scène. Elle crée sa première pièce La Fille qui flambe au Théâtre Kantor de l’ENS en 2012 à Lyon, avant d’écrire Jubile, mis en espace par Clément Carabédian lors des Rencontres de Theizé en 2016. Elle participe à la première édition du festival EN ACTE(S) en 2014 avec Ton Tendre silence me violente plus que tout, mis en scène par Louise Vignaud au Lavoir public à Lyon. Le spectacle est par la suite repris au Théâtre de l’Opprimé à Paris en 2016, puis au Théâtre des Clochards Célestes à Lyon en 2016 et en 2017.
En septembre 2016, Joséphine Chaffin répond à une commande des Tréteaux de France avec Data m’a dissous, à destination des adolescents. Mis en lecture par les comédiens des Tréteaux de France, ce texte traite de l’économie des données numériques, dernier fleuron du capitalisme.
Pour sa troisième édition, le festival EN ACTE(S) lui commande un texte dédié au jeune public : Céleste grondequestionne l’impact des intelligences artificielles sur notre langage. La pièce est créée à Lyon en mars 2017 dans une mise en scène de Thibaud Vincent.
En octobre 2017, Joséphine Chaffin crée sa pièce Les beaux ardents (love story vénitienne) au Théâtre des Clochards Célestes, dans une co-mise en scène avec Clément Carabédian. Inspiré de la figure de la peintre Artemisia Gentileschi, ce spectacle raconte l’histoire d’amour tumultueuse à Venise entre deux artistes pour interroger le statut des créatrices et explorer le rapport entre amour, création et genre.
En novembre 2017, elle assiste Claudia Stavisky pour la reprise de Tableau d’une exécution d’Howard Barker, aux Célestins – théâtre de Lyon.
Pendant la saison 2017-2018, elle anime des ateliers d’écriture en région parisienne avec des collégiens sur le thème de l’intelligence artificielle. Elle est également médiatrice au Théâtre Paris-Villette à Paris auprès de classes de collégiens et de lycéens.
Par ailleurs, elle intervient régulièrement lors d’événements consacrés au sujet des inégalités hommes/femmes dans le milieu du spectacle vivant, comme lors des Grands plateaux du Groupe des 20 d’Île de France

Biographie du metteur en scène

 

Nadine Darmon – Metteuse en scène

Élève de Michel Bouquet et de Pierre Debauche au Conservatoire de Paris, elle joue au théâtre dans les mises en scènes de Denis LLorca, Jean-Daniel Laval, Pierre Debauche, Guy Rétoré, Pierre Vial, François Orsoni, Benoît Lambert, Stella Serfaty, Serge Lipszyc, Vincent Poirier, Florian Sitbon, Thierry de Peretti, Robin Renucci et enregistre plusieurs pièces de théâtre pour France Culture. 
Elle enseigne depuis 1990 dans plusieurs écoles dont l’école Pierre Debauche et l’école Charles Dullin et anime de nombreux stages professionnels. Elle rejoint les comédiens des Tréteaux de France en 2016 avec la création de Molière est dans le Placard et L’Avaleur mis en scène par Robin Renucci.

Marilyne Fontaine – Metteuse en scène

Diplômée de l’ENSAD de Montpellier (2008) et du CNSAD (2011), Marilyne Fontaine joue au théâtre dans les mises en scène de Yann-Joël Collin, Olivier Py, Barthélémy Méridjien, Jean-Marie Besset, Robin Renucci, Gilbert Désveaux, TGStan... Au cinéma, elle joue sous la direction de Jacques Doillon (Prix du meilleur espoir au Festival de Rome 2012), Franck Mancuso, Niki Iliev, Willy Biondani, Eduardo Sosa Soria, Guy Marignane, Fréderic Carpentier… Elle rejoint les comédiens des Tréteaux de France en 2016 avec Le Faiseur de Balzac et L’Avaleur d’après Jerry Sterner, deux spectacles mis en scène par Robin Renucci. Elle cosigne en 2019 sa première mise en scène. 

 

Biographies des comédiens

Judith d’Aleazzo – Comédienne
Formée au cours René Simon, Judith d'Aleazzo a joué sous la direction de Serge Lipszyc dans Oncle Vania aux côtés de Robin Renucciet sous la direction d’Anne Marie Lazarini : Mère courage et ses enfants de Brecht, La Noce de Tchekhov, Hyménée de Gogol et La vie matérielle de Duras. Intervenante et formatrice à l’ARIA et aux ateliers Seguin, elle est également metteure en scène pour la Cie de la Parole Donnée, et encore dernièrement pour A vies Contraires au théâtre des Variétés. Elle rejoint les comédiens des Tréteaux de France en 2015 avec la création du Feuilleton théâtral (mis en scène par Robin Renucci, Matthieu Roy et Laurent Gutmann), Le Faiseur de Balzac et la prochaine création de Robin Renucci, La Guerre des Salamandres d’après Karel Capek.

Solenn Goix – Comédienne
Après avoir suivi une formation de comédienne en 2004 au sein de la compagnie Jo Bithume à Angers, Solenn Goix enchaine les stages de clown et de mime tout en jouant dans des cafés théâtres et en rue. En 2011, elle suit une formation de deux ans en Mime corporel dramatique à Barcelone. En 2013 elle joue avec la compagnie Ginko avant de rejoindre en 2015 les comédiens des Tréteaux de France. Elle joue actuellement dans Ce sera comme ça mis en scène par Patrick Pineau et sera dans la prochaine création de Robin Renucci, La Guerre des Salamandres d’après Karel Capek.

Sylvain Méallet – Comédien
Formé au Cours Florent puis à l’école du Théâtre National de Chaillot, Sylvain Méalllet a travaillé sous la direction de Pierre Vial, René Jauneau, Laurent Serrano, Serge Lipszyc, Stéphane Gallet, Bruno Cadillon, Alain Batis, Franck Berthier, Corinne Paccioni, Jean Yves Brignon, Matthieu Roy, Laurent Gutman et Sylvie Peyronnet. Il a également été assistant à la mise en scène sur plusieurs spectacles de Serge Lipszyc et de Robin Renucci et a par ailleurs tourné au cinéma avec ce dernier. Il est titulaire du diplôme d’état d’enseignement théâtral (DE). Il est depuis 2015 référent coordinateur des comédiens des Tréteaux de France. On le retrouve dans les créations des Tréteaux de France : Le Faiseur de Balzac, La Guerre des Salamandres d’après Karel Capek mises en scène de Robin Renucci, Ping-pong (de la vocation) mis en scène de Nicolas Kerszenbaum.

Patrick Palméro – Comédien
Formé au Conservatoire national de région de Grenoble, Patrick Palmero participe à des stages avec Sacha Pitoëff et Ariane Mnouchkine, avant de travailler avec le Théâtre du Frêne de Guy Freixe pendant 10 ans. Dans le cadre de la résidence de la compagnie, il anime différents ateliers de pratique artistique adultes et collèges. Il anime également des ateliers au conservatoire de Rouen, pour l’académie de Créteil, pour le cours privée Charles Dullin, l’ANPE de Maison Alfort et l’Ecole Budin, ... Depuis 2001, il intervient au sein de l’ARIA. Au théâtre, il a notamment avec R.Loyon S. Renauld, M. Hooper, R. Hossein, G.Freixe, JC. Penchenat, P. Vial, M. Vinaver, S.Lipzsic, F.Berthier, Christian Schiaretti... Il rejoint les comédiens des Tréteaux de France en 2015 avec la création du Feuilleton théâtral (mis en scène par Robin Renucci, Matthieu Roy et Laurent Gutmann), et joue dans Le Faiseur de Balzac mis en scène par Robin Renucci.

Note d'intention

 

Le jeune public pré-adolescent d’aujourd’hui, sans être encore rompu aux usages de la vie numérique, a grandi et baigné dans un environnement bouleversé par la révolution numérique.  Entre 10 et 13 ans, beaucoup d’enfants commencent à entretenir un rapport étroit avec leur téléphone ou leur ordinateur. Or, j’ai réalisé qu’en 2017, il n’existe pas beaucoup de théâtre jeune public qui traite du numérique et de l’intelligence artificielle. Pourtant l’hyperconnexion a des conséquences sur la mémoire, l’imagination, le langage, c’est à dire tout ce qui nous constitue comme humains. C’est un phénomène passionnant et urgent, un vrai enjeu de société dont le théâtre ne peut manquer de s’emparer, surtout pour ses jeunes spectateurs.

Il ne s’agit pas d’adopter un point de vue alarmiste et réducteur : j’ai interviewé plusieurs enfants et j’ai été frappée de constater qu’ils entretiennent un rapport plus mesuré à l’hyper-technologique qu’on aurait pu, de notre hauteur d’adultes, le présumer. En effet, loin de véhiculer une vision fantasmée d’un futur où l’intelligence artificielle aurait remplacé l’Homme, ces enfants mettent l’accent sur la nécessité de toujours relier la machine à l’humain. En l’exprimant aussi simplement que : « si nous avions des robots qui faisaient tout à notre place, à quoi ça servirait de se lever le matin ? ».

C’est donc portée par cet optimisme et cet humour que je veux raconter une fable contemporaine et poétique sur la relation entre des enfants et une intelligence artificielle. Nul besoin d’attendre les cours de philosophie en Terminale pour évoquer avec les jeunes le lien entre l’Homme et la machine. Dans la mesure où les pré-ados de 2017 vivent dans une société marquée par la robotisation grandissante des activités et où leur quotidien est imprégné par le numérique, il n’est pas trop tôt pour aborder avec eux la question de l’outil numérique et de son corollaire : l’équilibre complexe entre aliénation et libre-arbitre.

Pour ancrer cette problématique dans une situation qui fasse théâtre et tienne en haleine, j’ai choisi l’angle du langage. Que se passe-t-il, lorsqu’on est empêché de s’exprimer comme on l’entend ? Et comment réagir lorsque cet empêchement provient d’une machine censée nous faciliter la vie ? Aborder ce thème par le langage présente un double intérêt : d’abord, c’est une façon de rendre concrète la question du libre-arbitre – et de sa privation – à des enfants qui font l’expérience du langage depuis leur plus jeune âge. Ensuite, c’est user de la force du théâtre, qui réside dans le pouvoir d’évocation du verbe : quoi de mieux que des acteurs au plateau pour incarner la capacité de la langue à nous rendre libres, imaginatifs, combatifs ? 

En ce sens, Céleste Gronde met en scène un conflit entre deux langages : celui de la maison connectée HOMI (un flot verbal calibré par ses algorithmes) VS celui de l’héroïne Céleste (qui fait des rimes et aime jouer avec les mots). Sans manichéisme : HOMI n’est pas méchante, mais HOMI peut être dangereuse lorsqu’elle empiète sur l’expression de soi. En interrogeant le lien entre la technologie et notre langage, on sonde plus largement notre façon d’être au monde, à commencer notre citoyenneté. D’un point de vue théâtral, j’espère que cette entrée par la langue propose un beau défi pour le plateau : dans la mesure où la maison connectée est un personnage dématérialisé, elle permet d’inventer une partition sonore riche, en dialogue avec l’imagination du spectateur.

Faire de la maison, du quotidien, du langage un terrain de jeu : voilà, en résumé, ce que j’aimerais partager avec la jeunesse. La rébellion de mon héroïne est modeste, mais s’il y a une chose qu’elle porte haut, c’est l’impertinence : l’impertinence comme valeur positive car poétique. En ça, je veux vraiment aller à l’encontre de l’image sombre et décliniste que proposent les films ou séries de science-fiction de l’intelligence artificielle, et proposer au contraire un traitement humoristique et poétique du technologique. Tenter d’affirmer que ré-enchanter notre futur est à notre portée.  Joséphine Chaffin