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" L' Etat doit défendre notre statut". Marcel Maréchal
(Source : La Vie, n°3020, 17 juillet 2003. Propos recueillis par Lara Bourget)
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Après l'annulation historique du festival d'Avignon et le conflit qui a opposé la CGT aux organisations du festival des Vieilles Charrues en Bretagne, Marcel Maréchal, metteur en scène et écrivain interviewé par La Vie, en appelle à l'Etat pour résoudre le problème des intermittents du spectacle.
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La Vie. En tant qu'artiste et organisateur du Festival de figeac, que pensez-vous de l'annulation des festivals d'été ?
Marcel Maréchal. C'est une immense tristesse. Même en 1968, alors que les problèmes sociaux étaient au moins aussi graves, le festival d'Avignon avait eu lieu. Je respecte les directeurs qui ont pris cette grave décision, mais je ne pense pas que cela soit la bonne solution. Je concède qu'il y a des problèmes, mais il faut les résoudre par le dialogue et non par la violence. Si on ne joue pas, on ne peut plus s'exprimer et les artistes meurent à petit feu. A un moment, il faut savoir arrêter la grève. A Figeac, je serai peut-être contraint de ne pas jouer, mais ce n'est pas moi qui annulerai.
 
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La Vie. Le déficit du régime des intermittents et les difficultés financières de nombreux festivals et compagnies théâtrales n'appellent-ils pas un débat sur le financement de la culture en France?
MM. C'est certain. Je constate que le budget de la culture reste dérisoire. On nous promet depuis des années, même avant 1981, une augmentation du budget, mais rien ne vient. L'Etat et les collectivités locales devraient s'impliquer plus dans le financement de la culture, mais malheureusement, je doute que l'actuel gouvernement libéral fasse un pas dans ce sens.
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La Vie. Quelle solution proposez-vous?
MM. L'Etat devrait enfin s'atteler au déficit de 800 millions d'euros dû au statut des intermittents du spectacle. Pour cela, une réglementation plus stricte doit être mise en place, afin de contrôler les abus, notamment dans l'audiovisuel. Cependant, je pense que notre système est remarquable : il faut l'aménager, mais en aucun cas le mettre à bas. Je défends l'exception culturelle française qui nous permet d'être si libres. Seul le Président de la République peut désormais régler le problème. Comme lors de son refus de la guerre en Irak, il doit se lever pour défendre notre statut qui reste notre fierté.
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© Marcel Maréchal, Les Tréteaux de France.
"L'état doit défendre notre statut.".
Source : La Vie, n°3020, 17 juillet 2003. Propos recueillis par Lara Bourget
www.treteauxdefrance.com
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