1 date à venir

Les 9 et 10 décembre 2020

Théâtre de l'Union - Centre dramatique national

Limoges (87)

OBLOMOV

Adaptation Nicolas Kerszenbaum d'après Ivan Gontcharov - Mise en scène de Robin Renucci - Création 2020

Distribution et équipe artistique

avec Emmanuelle Bertrand,  Gérard Chabanier, Pauline Cheviller, Valéry Forestier et Xavier Gallais

Résumé

La position allongée n’était pas pour Oblomov un besoin comme elle l’est pour un malade ou quelqu’un qui a sommeil. Ce n’était pas un hasard, comme pour un homme fatigué ; pas non plus une volupté, comme elle peut l’être pour un paresseux : c’était l’état normal.
Ivan Gontcharov

Production : Tréteaux de France - Centre dramatique national / coproduction en cours

Contact production / diffusion :
Jenny Suarez
jenny.suarez@treteauxdefrance.com
06 62 46 70 72

 

Le monde ne convient pas à chacun.

Oblomov, c'est l'histoire d'un homme qui ne veut pas travailler ; qui peut à peine se le permettre financièrement parce que son domaine tombe en ruine, que son appartement est crasseux ; mais qui se laisse emporter dans la contemplation moelleuse du temps qui passe. Oblomov fait le désespoir de ses amis, la risée de ses détracteurs. Pourtant, il tombe soudain amoureux d'une femme qui voit en lui ce qu'il a enfoui sous des décennies d'habitudes molles, d’une femme qui décide de le changer. L'amour révèle alors des potentialités qu'il avait négligées : senteurs, couleurs, vivacité des sentiments, complexité des êtres. Grâce à l'amour, la vie d'Oblomov redevient un kaléidoscope digne d'être exploré. Mais le monde s'use. L'amour s'use. Et qui gagne à la fin ?

Comment rester vivant au milieu de ceux qui sont déjà morts ? Comment agir quand toute votre nature vous pousse à la résignation, au confort de l'apathie ? Quand Gontcharov écrit Oblomov au milieu du XIXème siècle, il évoque l'écartèlement de son époque, prise entre la nécessité d'agir pour se changer soi-même et transformer le monde, et la satisfaction ensommeillée qui la caractérise.

Mais nous, aujourd'hui ? Où en sommes-nous par rapport à ces questions ? Comment rester actif quand c'est précisément nos boulimies d'activité qui, à la fois, ternissent le monde, et permettent de le transformer ? Où plaçons-nous la frontière ténue qui sépare le lâcher-prise du laisser-aller ?  

Pour prolonger cette réflexion écoutez l'émission de France Culture, Concordance des temps "Éloge et décri de la paresse : immémoriaux..."

Biographie de l'auteur

Nicolas Kerszenbaum

Metteur en scène, auteur, il fonde en 2005 la compagnie Franchement, tu, avec laquelle il monte une quinzaine de créations. Son écriture scénique se développe à partir d’expériences propres; il adapte parallèlement des textes non théâtraux, romanesques (Grisélidis Réal, Vincent Message), poétiques (Luc Boltanski, Bernard Noël) ou théoriques (Jeanne Favret- Saada). Plus récemment, il créé Deux Villes Fantômes, au Teatro Bertolt Brecht de La Havane à Cuba (création nov. 2018) ; Swann s’inclina poliment, d’après Marcel Proust (lauréat Artcena, création 2017) ; Défaite des Maîtres et Possesseurs, d’après Vincent Message (création 2017) ; Nouveau Héros (création en 2014), une relecture du mythe d’Hercule inspirée de témoignages collectés à Sevran et jouée 150 fois.

Il prépare la pièce D’amour et d’eau fraîche (création 2021, lauréat Villa Médicis Hors les Murs) et le monologue Une Belle Inconnue (création sept. 2019 au Théâtre de la Poudrerie de Sevran, sur le thème de l’hospitalité). En 2020, il travaillera au Mexique et en Thaïlande pour deux créations théâtrales. Il est accompagné par les Tréteaux de France, Centre dramatique national, avec qui il développe plusieurs projets : en 2017, il collabore avec Robin Renucci pour la dramaturgie et la mise en scène de L’Enfance à l’oeuvre. Il écrit et met en scène en 2018 Ping-Pong (de la vocation). En 2019, il met en scène un portrait de territoire à Aubervilliers et signe la dramaturgie du Bérénice de Racine, mise en scène de Robin Renucci. Il est également associé à la Manekine, le théâtre de Pont-Sainte-Maxence (Oise). Sa compagnie, Franchement, tu, est conventionnée avec la DRAC Hauts-de-France, la région Hauts-de-France, le département de l’Oise. Il est diplômé d’un double cursus d’Études Théâtrales (maîtrise et DEA mentions Très Bien) et d’économie (essec).

Biographie du metteur en scène

Robin Renucci

Comédien et metteur en scène. Il est élève à l’Atelier-École Charles Dullin à partir de 1975, avant de poursuivre sa formation au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. Il joue au théâtre sous la direction, entre autres de Marcel Bluwal, Roger Planchon, Patrice Chéreau, Antoine Vitez, Jean-Pierre Miquel, Lambert Wilson, Serge Lipszyc et Christian Schiaretti. Au cinéma, il tourne avec Christian de Chalonge, Michel Deville, Gérard Mordillat, Jean-Charles Tacchella, Claude Chabrol et bien d’autres. Il interprète de nombreux rôles pour la télévision, notamment celui d’un médecin de campagne dans la série Un Village français. En 2007, Robin Renucci réalise un premier long-métrage pour le cinéma Sempre Vivu ! Fondateur et président de L’ARIA en Corse, il y organise depuis 1998 les Rencontres Internationales de Théâtre en Corse. Il est par ailleurs professeur au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. Nommé directeur du Centre dramatique national Les Tréteaux de France en 2011, il signe les mises en scène de Mademoiselle Julie, d’August Strindberg en 2012, Le Faiseur de Balzac en 2015, L’Avaleur, d’après Other People’s Money de Jerry Sterner en 2016 et L’Enfance à l’oeuvre en création au Festival d’Avignon 2017.

Note d'intention

Nous voici dans le rêve d’Ilya Ilitch Oblomov : un univers onirique, comme un bouquet de mimosas, où tout est douceur et volupté, nostalgie de l’enfance et de son monde révolu d’où Oblomov ne peut/veut se sortir. Un théâtre au plus près des sentiments où quatre figures s’y défient : Oblomov qui se soucie de lui-même, de son bonheur, face à Stolz, l’ami d’enfance, résolument tourné vers le monde, la société et le progrès, Olga, la soprano et sa voix d’une beauté absolue, la passion et l’amour qui promet des ailleurs et du désenchantement face à Agafia, la terrienne, rassurante et maternelle, le violoncelle. 

730 000 heures, c’est le temps d’une vie. Une vie à s’agiter ? Oblomov décide de résister à l’agitation ! Face à Kronos, il faut s’arrêter, il faut procrastiner, prendre le temps. Le temps est une nouvelle richesse : aliénante ou émancipatrice ? Nous sommes bombardés d’injonctions qui nous disent comment et où « tuer le temps » ? Gontcharov nous invite à sortir de la volonté de l’avoir, à cesser de posséder et travailler… Gagner sa vie ? Déjà il faut la vivre ! 
Cette question traverse notre nouveau cycle sur la reconquête du temps. 

Robin Renucci